La langue arabe, dans toute sa splendeur – Sahar ELKHATEB

Si on me demande de nommer l’une des merveilles du monde, je citerai sans hésitation que la langue arabe en est L’une des plus magnifiques. À travers les âges et les civilisations, de nombreux monuments ont été édifiés comme telles aux quatre coins de la planète. Certaines de ces œuvres ont marqué l’histoire et les esprits par leur beauté et leurs prouesses architecturales fascinantes. Elles furent les legs de civilisations entières nous ayant précédé sur la planète.

Sauf que la merveille en question ici, la langue arabe, est l’une des plus anciennes, a survécu à toutes les ères historiques et en est devenue même le véhicule des civilisations et des cultures. Elle représente un monument vivant, appartenant à la famille des langues sémites.

Elle a connu un épanouissement extraordinaire depuis tout le début vu  sa richesse sémantique et syntaxique, d’ailleurs «Les tribus arabes préislamiques qui ont vécu dans la péninsule arabique et dans les régions voisines ont eu une florissante tradition orale poétique »[1].

Cette merveille  n’a pas seulement une splendeur ancestrale mais aussi une splendeur céleste. Elle doit cette splendeur à son élection par le Créateur des Univers à être l’organe de transmission du message éternel de l’islam. En effet, la beauté de la Parole Divine ne fait qu’enrichir et illuminer  cette langue et la dote d’un caractère rayonnant éternel indélébile.

La langue arabe est la langue du Coran et de la tradition prophétique. Les obligations religieuses telles que la prière, la lecture du Coran, et les invocations propres au pèlerinage ne peuvent être effectuées qu’en langue arabe pour qu’elles soient acceptées par le Tout-Suprême et valides en tant qu’actes cultuels.

De cette singularité céleste qui lui est propre, découla une autre splendeur, qu’est la splendeur artistique. Du fait de l’attachement profond des musulmans à leur religion, ils ont allié la beauté de la langue orale à la sublimité de la langue écrite. Et la Calligraphie arabe vit ainsi le jour, produisant des styles d’écritures diversifiés plus beaux les uns que les autres avec des variantes maghrébines, perses, ottomanes et indiennes.

La fluidité de l’écriture arabe offre des possibilités infinies, même sur un seul mot, puisque les lettres peuvent être allongées et transformées de nombreuses façons afin de créer différents motifs. La splendeur artistique ne se manifeste pas seulement au niveau de l’écriture mais aussi au niveau de l’architecture.

En effet, en parcourant les différentes villes impériales à travers le monde arabe et islamique, les inscriptions sur les monuments islamiques de ces villes, même dans les villes andalouses, qui se trouvent en Europe, éblouissent et émerveillent tous les visiteurs, transmettant l’image d’une civilisation sublime et d’une culture rayonnante. Les lettres de la langue arabe prennent vie sur feuilles et édifices, impressionnant même les non-arabophones.

De toutes ces splendeurs, émerge également une splendeur littéraire inégalable de la langue arabe, celle-ci regorge de genres littéraires amples riches et diversifiés en prose et en vers. Cette splendeur n’est pas née d’hier, Elle fut connue depuis la période préislamique et renchérie pendant la révélation de l’islam et l’expansion islamique.

Ainsi, la splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la langue arabe. La richesse de la langue arabe permet en effet de faire ressortir la sublimité de l’univers. Dans cette langue, la création est décrite et reproduite de façon précise et complète, sans pour autant manquer de magnificence et de magnanimité.

Pour appuyer ce constat, nous citons ci-après les témoignages des hommes de lettres et intellectuels occidentaux sur la beauté littéraire et structurelle de la langue arabe.

Ernest Renan, (écrivain, philosophe et historien français, 1823-1892) dit :

« La chose la plus étrange qui est arrivée dans l’histoire humaine concerne la diffusion de la langue arabe. En effet, la langue arabe était inconnue, et soudainement, elle a connu une expansion pleine et complète. Cette langue n’a ni enfance, ni vieillesse. Elle a dépassé ses sœurs par la richesse de son vocabulaire, par la précision de ses termes et par la justesse de son système de construction et sa structuration.»

Louis Massignon, (islamologue français, 1883-1962) affirme une vérité de très grande importance qui montre que la langue arabe est une langue des sciences et de la technologie, une langue qui a la capacité d’accompagner le progrès et l’évolution civilisationnelle sans pour autant perdre de ses spécificités et de ses qualités:

  • « La langue arabe est celle qui a introduit en occident la manière d’exprimer les notions scientifiques. L’arabe est parmi les langues les plus raffinées car elle s’est distinguée par ses modes d’expression scientifiques et techniques.»

Régis Blachère, (orientaliste, islamologue et arabisant français, 1900-1973) témoigne que :

  • « L’une des caractéristiques les plus importantes de l’arabe, est sa capacité à exprimer des significations secondaires que les peuples occidentaux sont incapables d’exprimer.»

Gustave E. von Grunebaum, (historien et arabisant autrichien, 1909-1972) réitère la même affirmation et met en avant la splendeur littéraire de cette langue: « Ceux qui s’intéressent aux langues, ne peuvent pas trouver ce qu’ils ont entendu dans une langue similaire à la langue arabe. La beauté de ses sons s’ajoute à son étonnante richesse en synonymes. La précision et la rhétorique ornent la langue des arabes qui se distingue incontestablement par sa facilité à utiliser la métaphore.»

Dans le monde d’aujourd’hui, les habitants de cette planète font l’ovation des autres langues comme l’anglais, en raison de la mondialisation, de la généralisation de l’internet et de la prévalence de la culture anglo-saxonne, comme le français vu son omniprésence dans les pays que la France colonisa par le passé et dont elle exploite les ressources et les richesses jusqu’à nos jours et comme l’espagnol, le portugais et le néerlandais dans les pays de l’Amérique latine qui sont des anciennes colonies de ces pays européens.

Il est indéniable que la langue arabe est une merveille qui reste à découvrir. Comment ne pas aller à la rencontre d’une langue, de par sa splendeur dont on a succinctement tracé les traits dans cet article, fit valoir à la civilisation arabo-musulmane son âge d’or et ses lumières, entre les VIIIe et XIIIe siècles de notre ère.
Depuis cette lointaine époque qu’auraient marquée le développement technique, les réalisations artistiques et architecturales, l’intérêt pour la philosophie aristotélicienne, le dialogue avec les savants des autres religions, les avancées dans les domaines de l’arithmétique, des mathématiques, de la géométrie, de la géographie, de la navigation, de l’astronomie, de la médecine, de la botanique, de l’agronomie.

En somme, une apogée phénoménale qui doit sa réputation bien assise à la richesse et au rayonnement de la langue arabe. Cet article n’est qu’une simple invitation à s’embarquer dans l’aventure splendide appelant à découvrir l’abondance, le raffinement, et l’éclat radieux de cette langue terrestre, aussi bien que céleste.

[1]Histoire et évolution de la langue arabe »Par le Professeur Samir Abu-Absi, traduit de l’anglais par Amine Djebbar pour Les cahiers de l’Islam.

 

أخبار / مقالات ذات صلة

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني.

زر الذهاب إلى الأعلى